Le Cantique des Oiseaux 

De Farîd od-dîn ATTÂR

Traduction de persan

Leili Anvar

Il faut pour aborder Le Cantique des oiseaux, oublier ses repères. Accepter le voyage. Se lancer dans l’inconnu. Se perdre. Rebrûler. S’anéantir. Prendre son envol. l’envol de l’âme, vers des contrées inconnus. Avec humilité… Humilité face à une langage nouvelle dont les métaphores sont souvent teintées de larmes et de sang. Mais quelle aventure Exaltante!

Lorsque les oiseaux, sous la guidance de la huppe. se decident à partir à la recherche de l’être suprême (Sîmorgh) et à tout abandonner sans retour, leurs désirs et leurs peurs rejoignent les nôtres. Des milliers d’oiseaux se mettent en route dans le désert et traversent sept vallées. Celle du Désir,  “Ce sont tes yeux hélas qui sont toujours fermés / Entre dans le désir et alors tu verras / Que la porte n’est jamais fermée devant toi!, Celles de l’Amour, de la Connaissance, du Détachement, de l’Unicité, de la Perplexité, et enfin de dénuement et de l’Anéantissement.

Chef d’oeuvre de la spiritualité soufie, Le Cantique des Oiseaux est écrit vers 1190 par Farîd od-dîn Attâr, le poète apothicaire Persan. Attâr, lui, trouve les mots pour « dire » ce langage: ceux de la poésie persane; il fait parler la huppe bien sûr, mais aussi tous les autres oiseaux qui posent des questions et expliquent leurs difficultés. Quand, à la fin, les trente oiseaux (sì-morgh) sont saisis de stupéfaction de se voir en Sìmorgh.

Dans le cantique chaque oiseau représente un aspect du soi parmi les nombreux défauts qui entravent âme dans son cheminement vers le vrai. Chaque vallée représente une nouvelle étape spirituelle. même si à tous les niveaux il s’agit encore et toujours de combattre les diverses manifestations de l’égo. de mieux se connaître et de développer  de nouvelles facettes de l’Amour.

Dans le magistral épilogue qui clôt le Cantique des Oiseaux, Attâr revient longuement sur la valeur de l’oeuvre qu’il vient d’achever: un chef-d’oeuvre qui sera un viatique pour tous ceux qui cheminent sur la voie. une source d’inspiration renouvelée dont le sens ne cessera de s’éclairer à chaque lecture. Il sait la beauté de ses vers et la profondeur de sa pensée :

« Tu as répondu Ô’Attâr , fin parfumeur

Le musc à profusion, les trésors de secrets

 chacun de tes souffles, dans l’univers entier »

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